Commune française du département de Haute-Savoie qui s'étend sur 613 hectares, Collonges-sous-Salève comptait 344 habitants en 1786, 677 habitants en 1861, 1407 en 1975, 3163 en 1999 et 3649 en 2009. Le nom de Collonges évoque une colonie de peuplement datant probablement du Haut Moyen Age vers le IVème ou le Vème siècle. Collonges dérive du latin colonica, désignant une terre concédée par le propriétaire à un colon, fermier attaché au sol, cependant de condition libre.
Quelques personnalités sont étroitement liées à l’histoire de Collonges-sous-Salève
Paul TAPPONNIER, un passionné salévien
Il est né à Genève le 14 août 1884.
Sa famille, originaire d’Archamps où son grand-père avait été maire, vient s’installer à Collonges-sous-Salève et Paul Tapponnier, s’attache très vite à cette commune. Juriste de formation et après un travail de clerc de notaire, il s’occupe d’affaires immobilières avec son frère.
Pendant la Grande Guerre, il combat entre autres à Verdun, puis aux côtés du Corps Expéditionnaire d’Orient. Après l’armistice il fait partie des armées d’occupation en Bulgarie. Après la guerre 14-18, Paul Tapponnier, inscrit sur une liste de républicains indépendants, devient député en novembre 1919 dans la célèbre chambre «Bleu Horizon». Il défend alors à la chambre les intérêts de sa région et plus particulièrement les zones franches. Sa connaissance des Balkans a fait que de nombreuses missions lui seront confiées dans cette région plus particulièrement en Bulgarie.
En 1934, il devient maire de Collonges-sous-Salève et le restera jusqu’à la fin 1941, date à laquelle fut installée à Collonges-sous-Salève une délégation spéciale par le Gouvernement de Vichy. Paul Tapponnier, a fait partie de toutes les sociétés savantes de Haute-Savoie et notamment les Académies Florimontaine, Chablaisienne, Salèvienne et du Faucigny. Ecrivain reconnu, il a été longtemps le correspondant en Haute-Savoie du Nouvelliste de Lyon, un grand quotidien conservateur. Il a aussi écrit de nombreuses études historiques mais aussi des écrits plus littéraires.
Pour connaître encore mieux ce grand salévien, vous pouvez lire et consulter certaines de ses œuvres à la Bibliothèque Municipale de Collonges-sous-Salève qui porte aujourd'hui son nom.
L'abbé Marius JOLIVET, un héros de la résistance française
Marius Jolivet est né en 1906 à Saint-Etienne où ses parents hauts savoyards avaient émigré pour travailler dans la métallurgie. La famille étant profondément croyante, le jeune Marius est ordonné prêtre en 1930.
Le 4 août 1941, il est nommé curé de Collonges-sous-Salève, où il reste jusqu’en 1964. Dès son arrivée à Collonges, l’abbé Marius Jolivet aide les victimes de l’occupation et en particulier les juifs. Tout au long de ces années sombres, plusieurs dizaines de personnes sont amenées à la cure de Collonges avant de passer vers la Suisse voisine.
Notre abbé est aussi l’un des maillons importants d’une filière de renseignements depuis la Suisse vers la région lyonnaise, une filière du célèbre OSS américain, et aide de nombreux réseaux de la résistance française.
Jean-François VUARIN, un fervent défenseur de la foi catholique
Jean-François VUARIN est né à Collonges le 10 juin 1769 de Jacques VUARIN et Antoinette COMPAGNON, famille de paysans de la commune. Après des études en théologie suivies à la Sorbonne, il entre au Grand Séminaire d’Annecy où il reçoit son titre de Diacre en 1792.
En 1793, il prend le chemin de l’exil et se réfugie à Genève. Pendant ses premières années genevoises, il aide les fugitifs traqués par la persécution antireligieuse de la révolution.
Ordonné en 1797 prêtre par l’évêque de Fribourg, Jean-François VUARIN n’aura dès lors qu’un seul but : permettre aux catholiques genevois de pratiquer leur religion. Aidé de quelques collègues, Jean-François VUARIN va jouer à Genève un véritable rôle d’aumônier et après des années de luttes et d’opiniâtres efforts, Jean-François VUARIN peut se féliciter d’avoir implanté une institution catholique à Genève.
A Collonges-sous-Salève, Jean-François VUARIN réalise en 1832 une donation en faveur des religieuses de la compagnie des filles de la charité de Saint-Vincent de Paul. Les sœurs s’engagent à «faire gratuitement» la classe aux petites filles de Collonges, Bossey et Archamps, ainsi qu’à assurer la visite des malades dans ces trois communes. Jean-François VUARIN, sa vie durant, pourvoit à l’entretien de ces sœurs.
Il meurt à Genève le 6 septembre 1843.
Selon la presse de l’époque, le jour de ses obsèques réunit une foule considérable de plus de 15 000 personnes.
Giuseppe VERDI, un compositeur secret
C’est l’église de Collonges-sous-Salève que choisit Giuseppe Verdi (1813-1901),
le grand compositeur romantique italien, pour s’y marier en grand secret le 29 août 1859 avec la célèbre cantatrice, Giuseppina Strepponi, après 12 ans de vie commune. Ils eurent pour seuls témoins le cocher chargé de les conduire et le sonneur de l'église.
C’est l’abbé Mermillod de Genève qui célébra leur mariage. Giuseppe Verdi et sa femme vivront ensemble à Busetto, en Italie, jusqu’à la fin de leur vie.
D’autres noms célèbres sont également liés à l’histoire de notre commune
que ce soit dans
• le domaine musical avec
Maurice RAVEL dont les parents étaient originaires
de Collonges-sous-Salève,
• le domaine littéraire avec
Alphonse de LAMARTINE évoquant dans ses Méditations,
le Salève dont la silhouette nous est si familière,
• le domaine de la peinture avec
Gabriel, Pauline et Gustave de BEAUMONT
qui vivaient dans la propriété
familiale achetée à Collonges-sous-Salève, en 1710.
Soir d’été à Collonges par Auguste de BEAUMONT
(Peinture ci-contre)